F1: Denis Chevrier: Mon avis sur le circuit de Bahreïn

 

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Circuit : Ce circuit a été rallongé de 887 m par rapport à l’année dernière et en développant maintenant 6,299 km,  il est devenu le deuxième plus long de l’année. Le contraire d’un tourniquet. La nouvelle portion sinueuse sera lente et peu propice aux dépassements mais renforcera la diversité du tracé et l’exigence d’aptitudes pour la voiture. La moyenne sur un tour était d’environ 210 km/h et le situait dans la moyenne (on peut s’attendre à une baisse de 15km/h).

 Histoire : Apparu au calendrier en 2004, ce GP fait partie des nouveaux venus. Il a amorcé l’intérêt du Moyen Orient pour la F1. Il en est à sa troisième retouche , la première étant survenue dès la deuxième année en rendant le virage 4 plus rapide. Il a toujours été positionné en début de championnat, jamais plus tard que le quatrième GP.

Anecdote personnelle: Je me rappelle que, lors de la première édition de ce GP, nous avions extrêmement peur du sable. Compte tenu de l’implantation du circuit en plein désert , juste après les travaux de réalisation, il n’y avait pas de doute sur la présence de sable sur le goudron. La pollution moteur par ingestion d’air rendu très abrasif était un nouveau défi qui a été relevé en apportant un soin particulier à la filtration. La forte granulométrie du sable et les choix techniques retenus ont permis une fiabilité nominale sur la durée de la course. Les infrastructures (stands , paddock) sont à mes yeux les plus agréables de la saison.

 Souvenir personnel: Le GP 2005 avec la victoire de Fernando qui signait la 100° d’un moteur Renault en F1 restera un merveilleux souvenir. On saura plus tard qu’ils étaient en route vers le titre mondial.

Conditions atmosphériques :

       Altitude : sensiblement au niveau de la mer

       Températures : de l’ordre de 30°C . Un maxi à plus de 40°C avait singularisé l’événement 2005

       Hygrométrie : exceptionnellement faible de l’ordre de 15%.

 Aéro : Le recours à des appuis moyens-forts était de mise sur le tracé précédent, la tendance sera certainement renforcée cette année. Ce circuit sans grandes courbes n’a pas la réputation de donner la part belle à l’aérodynamique.

 Refroidissement : La partie sinueuse pourrait être exigeante en peloton si la température est élevée le jour de la course.

 Freins : Ce circuit est classé parmi les plus difficiles pour les freins et leur potentielle usure. C’est le plus exigeant parmi les quatre premiers GP. Le premier virage abordé à plus de 300km/h et négocié à la vitesse de l’ordre de 80km/h peut être l’occasion de tentatives de dépassements , le quatrième virage offre la deuxième opportunité la plus réaliste. La maitrise du blocage de la roue avant gauche dans le délicat freinage du virage 18 (ex n°8) est une des clés pour négocier au plus juste ce virage le plus compliqué du circuit.

 Moteur : La forte pression atmosphérique et la faible hygrométrie sont des facteurs de charge aggravants. Les quatre lignes droites qui agrémentent le tracé le sollicitent .

Le  pourcentage du temps sur le tour en  Pleine Charge (accélérateur à fond) qui était de l’ordre de 65% et plaçait ce tracé parmi les plus éprouvants sera réduit par l’ajout de la partie sinueuse.

La progressivité est importante avec le besoin d’aider le pilote dans la recherche de motricité importante sur ce circuit. Temps maxi continu en PC : environ 12 sec

 Boîte de vitesses : Ce circuit de relance réclame plusieurs fois le recours au premier rapport. Les changements de rapports sont nombreux.

Une température de fonctionnement mal maîtrisée (mauvaise prévision de température ambiante ou incidents en course) peut aussi se révéler délicate pour sa fiabilité.

 Suspensions : La motricité est une qualité importante sur ce circuit. La partie liaison au sol de la voiture est l’objet de soins particuliers.

 Pneus : Ce tracé n’est pas réputé particulièrement dur pour les pneus avec peu de grandes courbes. Les super tendres avaient été largement utilisés l’année dernière. Le choix était possible entre les super tendres et les moyens en 2009 et ce seront de nouveau ces références qui seront proposées cette année par Bridgestone.

On ne dira jamais trop à l’approche de ce premier GP combien leur tenue avec le plein sera déterminante dans la performance sur la course.

Le besoin, pour les 10 participants à Q3, de prendre le départ de la course avec les pneus utilisés lors de cette dernière séance participera à la difficulté du choix.

Stratégie : L’interdiction des ravitaillements d’essence reportera cette stratégie dans le domaine de la gestion des pneus qui est justement l’élément comportant le plus d’inconnues en ce début de saison. Influence de la masse embarquée : sera env 0.4 sec /10kg. Le coût d’un arrêt était d’environ 27 sec et passera environ à 24 sec sans le ravitaillement.

N’hésitez pas à poser vos questions à Denis Chevrier ici.

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