F1:Denis Chevrier:Mon avis sur le circuit d’Istanbul

Circuit : Identique à celui de l’année dernière. Son développement de 5,338 km se positionne en milieu de hiérarchie (10°).

C’est un circuit permanent. Le sens est anti horaire et il partage cette particularité avec seulement 3 autres circuits cette année.

Le tracé est un des plus intéressant de la saison et apprécié de beaucoup de pilotes et ingénieurs. Il est bien adapté aux F1, pas étriqué comme certains autres.

Une grande variété de difficultés (lents-moyens_rapides) le rend complet. Il se singularise notamment par un sélectif triple (ou quadruple) gauche (virage 8) qui se négocie à environ 250km/h et qui, avec son fort appui pendant environ 8 sec, est devenu une référence. Une épingle pour terminer la ligne droite principale, suivie d’un enchaînement lent s’est déjà révélée apte à offrir des possibilités de dépassements.

Le virage 1 en descente et l’entame du 2 qui enchaîne juste derrière ont également été historiquement le lieu de dépassements et incidents de course.

La vitesse maxi atteinte est de l’ordre de 310km/h.

La moyenne sur un tour de l’ordre de 220 km/h est parmi les plus élevée du calendrier (6°).

Histoire : C’est un circuit ‘récent’, la première apparition au calendrier date de 2005, en tant que 14e des 19 GP de cette saison . Il n’a pas trouvé de place fixe dans la chronologie des calendriers et a parfois été dans la toute première partie de calendrier (5e en 2008).  Comme nombre d’infrastructures de cette époque, il doit son tracé aux études de l’architecte Tilke. Il présente l’agréable particularité d’avoir été tracé dans un site vallonné et est de ce fait agrémenté de sensibles montées et descentes se répartissant avec un dénivelé de l’ordre de 46m. Aucune retouche depuis la première édition.

Anecdote personnelle: Lors de la première édition, un engouement généré par la nouveauté avait déplacé de nombreux spectateurs et le trafic avait été particulièrement délicat le dimanche, nombre de spectateurs étant encore dans leurs voitures lors du départ….Depuis l’affluence s’est nettement réduite….

Les infrastructures (stands , paddock) sont vastes et très fonctionnelles. C’est le circuit le plus éloigné des bases des écuries à être assuré avec une logistique routière (et maritime).

Souvenir personnel: Lors de l’édition 2006, après des qualifications à l’avantage des Ferrari qui monopolisaient la première ligne, M Schumacher, relégué derrière Alonso en course suite à sa stratégie associée à l’apparition de la Safety Car, avait dû se contenter de la troisième place malgré un agressif pressing pendant les dix derniers tours de course. La prestation de Massa, vainqueur, avait été impressionnante et ce circuit semble particulièrement lui convenir car il totalise 3 victoires associées à 3 pole positions successives lors des 5 éditions.

Conditions atmosphériques :

Altitude : de peu au dessus du niveau de la mer : environ 120m.

Températures : une forte trentaine de degrés est tout à fait envisageable.

Hygrométrie : La pluie ne présente pas une forte probabilité.

Aéro : Comme tout circuit rapide avec de grandes courbes, il est révélateur des qualités aérodynamique des monoplaces. Le niveau d’appui est ‘moyen’.

Refroidissement : Pas de surprises à attendre. La forte vitesse moyenne est un facteur positif.

Freins : Ils sont moyennement sollicités, pas de défi technique particulier dans le périmètre.

Moteur : Ce circuit est exigent pour le moteur. Le pourcentage du temps sur le tour en  Pleine Charge (accélérateur à fond) y est de l’ordre de 64%.

Sa puissance maxi est un atout ainsi que la parfaite maîtrise de la motricité pour ressortir des 7 virages lents.

Le temps maxi continu en PC d’environ 14  sec soit dans la fourchette haute.

Boite de Vitesses : La première n’est pas utilisée. Son rapport est optimisé pour le départ. 6 à 7 virages lents sollicitent la seconde. Le 7e rapport l’est 5 fois.

Suspensions : Des bosses notamment dans le fameux virage 8 et le besoin de motricité particulièrement importante dans la dernière partie lente du circuit font partie de leur défi.

Pneus : Surtout l’avant droit est fortement sollicité. L’exigence du circuit révèle sans concession une dégradation de leur potentiel. Le départ avec le plein ne leur rendra pas la vie facile et leur tenue pourrait être stratégique. Les Durs et les Tendres seront proposés cette année par Bridgestone.

Stratégie :

Influence de la masse embarquée : env 0.4 sec /10kg

Coût d’un arrêt est faible, l’accès dans la pit lane se révélant peu pénalisant comparé au sinueux passage du tracé dans sa dernière partie. Sans ravitaillement , il passera largement sous les 20sec.

Mots-clés: ,

Laissez un commentaire