F:Denis Chevrier:Mon avis sur Silverstone

Circuit : Ce circuit a subi cet hiver une importante modification dans sa dernière partie. Il est devenu plus long d’environ 800 mètres et développe maintenant 5.901km.  Seuls les tracés de Spa et Bahreïn sont désormais plus longs. C’est un circuit mythique et très fréquemment utilisé.

Il offre une très intéressante variété de virages. Certains sont emblématiques et rapides comme Copse juste après les stands qui se négocie quasi à fond à près de 300km/h ou l’enfilade très sélective de Maggotts –  Becketts négociée à grande vitesse et conditionnant la ligne droite principale. Pas de virages très lents.

La moyenne horaire sur un tour ne devrait pas être significativement modifiée par la nouvelle section et devrait demeurer de l’ordre de 230 km/h/. Silverstone reste parmi les circuits les plus rapides du championnat. Ceci sans que la vitesse maxi soit très importante : de l’ordre de 300km/h

Histoire : Ce fut le théatre du premier GP de Formule 1 en 1950. Il a accueilli les GP de GB ces dernières années de façon ininterrompue depuis  1987.  Donington s’était présenté en remplaçant pour cette année mais l’échec du projet a relancé Silverstone. En 60 ans, les évolutions ont été nombreuses tant sur la piste que pour les infrastructures.  C’est la 7° évolution de tracé qui va se présenter aux compétiteurs cette année. A l’exception de l’année 2000 au cours de laquelle ce GP s’était tenu en avril, Silverstone accueille la F1 traditionnellement en juillet et proche de la charnière médiane du championnat. Le public y est particulièrement enthousiaste et la prestation actuelle des pilotes britanniques garantit une affluence record.

Anecdote personnelle: L’accès au circuit a pendant de très nombreuses années été un cauchemar par l’éxiguité de l’unique route d’accès. Coincés dans les embouteillages pour se rendre au circuit le matin ou en sortir dans l’espoir d’attraper un avion le dimanche soir, l’aspect bucolique des routes appréciable en temps normal ne l’était plus du tout. Ce point est maintenant significativement amélioré. Les infrastructures (stands , paddock) ont également considérablement évolué au fil du temps pour devenir spacieuses et ergonomiques.

Souvenir personnel: Lors du GP 1992, une qualification exceptionnelle de Mansell avec sa FW14 avait initialisé un week-end inoubliable. Son avance de 3 sec à la fin du premier tour de course était surréaliste. Seul un incident aurait pu le priver de la victoire et rarement la tension avait été aussi intense dans le stand puis le franchissement de la ligne en vainqueur ressenti avec autant de plaisir.

Conditions atmosphériques :

Altitude : sensiblement au niveau de la mer

Températures : une vingtaine de degrés est la moyenne mais il existe des exceptions….

Hygrométrie : variable. La pluie n’est pas impossible…

Le vent est un acteur très actif sur ce circuit plat bien dégagé, il peut décider de l’endroit de la vitesse maximum et varier d’un jour à l’autre. Il peut aussi rendre délicat le pilotage et apporter rapidement des nuages…et la pluie.

Aéro : Ce circuit est considéré comme un juge intransigeant des qualités aérodynamiques des monoplaces. Le niveau d’appui adapté est de type ‘chargé’ pour négocier les exigeantes courbes à haute vitesse et la configuration aérodynamique se doit aussi d’être efficace en ne pénalisant pas par une trainée trop importante.

Refroidissement : Le niveau de la température ambiante ne pouvant pas être extrême et la vitesse moyenne étant favorable à de bonnes conditions de refroidissement, il n’y a de difficulté particulière à maintenir les températures sous contrôle.

Freins : Ils sont moyennement sollicités . Ceci par l’absence de virages vraiment lents ponctuant systématiquement les lignes droites comme sur les derniers circuits fréquentés. Toutefois le freinage de la dernière ligne rajoutée dans la nouvelle partie rendra leur tâche un peu plus dure que sur la version précédente du circuit.

Moteur : Il est fortement sollicité sur ce circuit. Le pourcentage du temps sur le tour en  Pleine Charge (accélérateur à fond) y sera de l’ordre de 65%

Le temps maxi continu en PC est d’environ 11 sec soit dans la haute moyenne.

Boîte de vitesses : La première n’était pas utilisée sur le précédent circuit. Le virage le plus lent de la nouvelle section du tracé pourrait l’imposer. Quatre à cinq virages sollicitent l’utilisation de la seconde.

Suspensions : A la vue du récent GP de MotoGP , il semblerait que le revêtement de la nouvelle partie soit assez bosselé. Ce qui pourrait renforcer la difficulté de leur mise au point. Elles doivent bien équilibrer la voiture lors des successions de grandes courbes tout en étant aptes à procurer une bonne motricité pour extraire la voiture des virages plus lents.

Pneus : Ce tracé n’est pas cité spécialement dur pour les pneus mais qualifié de moyen. Les changements de conditions météorologiques pourraient être le plus gros sujet de réflexion afin assurer leur optimisation. Pour le sec, les Durs et les Tendres seront proposés cette année par Bridgestone.

Stratégie :

Influence de la masse embarquée : env 0.4 sec /10kg

Coût d’un arrêt est assez important : était d’environ 28 sec avec les ravitaillements en essence et il en réclamera environ 25.

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