F1:Denis Chevrier:Mon avis sur le circuit de Budapest

Denis Chevrier, notre consultant F1, donne son avis sur le circuit de Budapest, qui accueille le GP de Hongrie de Formule 1.

Circuit : Le tracé de l’Hungaroring n’a pas été modifié depuis l’année dernière. Après Hockenheim, c’est de nouveau sur un circuit court que la F1 va évoluer. Avec ses 4,381km le circuit hongrois est le 3e plus court du calendrier.

C’est un circuit dit lent:  la faible longueur de ses lignes droites et ses nombreux virages à moyenne vitesse en sont à l’origine. Ceci sans virages très lents. La succession des virages, si elle peut se révéler intéressante dans l’exercice du tour chrono et l’enjeu technique pour optimiser les réglages, est malheureusement réputée pour ne pas offrir de bonnes conditions de dépassements en course.

La moyenne horaire sur un tour, inférieure à 200 km/h le positionne antépénultième dans la hiérarchie du championnat, ne devançant que les 2 circuits urbains de Monaco et Singapour.

La courte ligne droite des stands ne permet d’atteindre qu’une vitesse maxi de l’ordre de 290km/h.

Histoire : La Hongrie a accueilli son premier GP en 1986. Depuis, la succession de GP y a été ininterrompue. Le positionnement calendaire a toujours été vers la mi saison entre fin juillet et mi août. La version actuelle du tracé correspond au 4e remaniement et date de 2003. Elle s’est matérialisée par un rallongement du troisième tronçon sans changer radicalement les caractéristiques génétiques du dessin d’origine.

Une modification précédente avait vu la ligne droite principale légèrement rallongée (mais elle ne dépasse toutefois pas 800 mètres).

Anecdote personnelle: Ce GP offre à mes yeux une des meilleures opportunités du calendrier pour les spectateurs étrangers d’associer tourisme et sport. La ville est en effet très intéressante historiquement et, pour le spectacle, certaines places de tribunes procurent une intéressante vue sur une longue partie du circuit. Les infrastructures (stands , paddock) ont fait l’objet d’améliorations considérables au fil des années et répondent sensiblement aux besoins actuels.

Souvenirs personnels: Le dépassement de Piquet sur Senna dans le grand virage à droite à l’extrémité de la ligne droite des stands a trouvé place dans le livre d’or des manœuvres audacieuses et réussies. C’est d’autant plus remarquable que ce circuit n’a pas proposé de nombreuses occasions de ce type depuis…

De nombreux autres souvenirs heureux avec en premier lieu le couronnement de Mansell en 1992 ou la première victoire d’Alonso en 2003 prenant un tour au maître Schumacher ou, moins heureux, la démonstration du même Alonso en 2006 auteur d’un festival sous la pluie avec ses Michelin mais abandonnant sur perte de roue arrière après ….un pit stop au 51e tour avec course logiquement gagnée….

Conditions atmosphériques :

Altitude : environ 100m. Avec un dénivelé de 36m.

Températures : la chaleur est souvent au rendez vous et proche de 30°C….

Hygrométrie : peu d’occurrences de pluie mais pas impossible toutefois.

Aéro : C’est un choix facile vu les caractéristiques du tracé: c’est sans hésitation que les équipes retiennent la version la plus chargée disponible.

Refroidissement : La constitution de ‘’petits trains’’ dus à la grande difficulté de dépasser peut entrainer des contraintes particulières dans ce domaine.

Freins : Le niveau d’usure est important sur ce circuit. Ils sont en effet constamment sollicités et le besoin de partir cette année avec le plein de carburant ne va pas leur faciliter la tâche.

Moteur : Ce tracé ne sollicite pas durement les moteurs. Le pourcentage du temps sur le tour en  Pleine Charge (accélérateur à fond) ne dépasse 50% que de peu.

Le temps maxi continu en PC n’y est que de 11 sec.

Les dosages de puissance doivent être très fins et une bonne progressivité des moteurs peut se révéler une aide précieuse dans la recherche des derniers millièmes.

La capacité à propulser efficacement la voiture lors du départ peut être décisive.

Boîte de vitesses : L’absence de virages vraiment lents ne rend pas l’utilisation de la première nécessaire. Par contre la seconde est sollicitée à cinq reprises. Le dernier rapport est engagé trois fois.

Suspensions : Le revêtement est réputé bosselé. La recherche d’équilibre dans les différentes courbes et lors des nombreux freinages pose nombre de questions aux équipes pour recherche le meilleur compromis dans leurs réglages.

Pneus : Les contraintes qu’ils ont à subir sur ce tracé ne sont pas à négligeables. Certains virages sont longs (le 14e et dernier principalement) et la température du sol peut leur compliquer la vie. Pour le sec, les Moyens et les Super Tendres seront proposés par Bridgestone.

Stratégie : Influence de la masse embarquée : env 0,45 sec /10kg  (soit la plus importante de la saison compte tenu de la faible longueur du tracé)

Le temps d’un  arrêt aux stands était d’environ 25 sec avec les ravitaillements en essence. Il passera logiquement à environ 22 sec.

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2 résponses à "F1:Denis Chevrier:Mon avis sur le circuit de Budapest"

  • SULPIN MICHEL a écrit:
  • SULPIN MICHEL a écrit:
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