F1:Denis Chevrier:Mon avis sur le circuit de Monza

Circuit : Le tracé est inchangé depuis l’année dernière. Avec sa longueur de 5,793km c’est le 5° plus long de la saison.

C’est aussi et surtout le plus rapide, la moyenne horaire sur un tour est de l’ordre de 250km/h. La vitesse maxi approche ou dépasse 340km/h en quatre occasions sur le tour.

Bien que peu nombreux, les virages offrent une bonne variété de vitesses de passage: la première chicane est très lente, la deuxième moyenne et la troisième est rapide. Les autres virages (Lesmo et Parabolica) peuvent être qualifiés de rapides et imposent des vitesses minimum entre 175 et 215km/h.

Histoire : Monza est un acteur historique de la F1, le circuit datant de 1922 figure au calendrier depuis la création de la discipline en 1950 quand il avait accueilli le 7° GP de la saison. Une seule saison sans ce GP : celle de 1980. Comme tout circuit ancien, les évolutions ont été nombreuses, la 8° et dernière à ce jour date de 2000. La sécurité passive et le ralentissement des voitures ont été les éléments motivants pour les modifications. L’implantation dans un parc historique de cette banlieue de Milan a créé certaines difficultés avec des préoccupations écologiques ces derniers temps.

L’ambiance générée par le public connaisseur, enthousiaste et largement acquis à la cause de la Scuderia Ferrari est unique et participe à la magie du lieu.

Anecdote personnelle: Au zénith de l’affluence des spectateurs, la sortie du circuit le dimanche soir pour se rendre à l’aéroport était un exercice quasi aussi stressant pour les équipes que la course. …sauf si les Ferrari abandonnaient avant la fin et déclenchaient la migration anticipée des tifosi… !

Les infrastructures (stands , paddock) sont de bon niveau sans être très spacieuses ni luxueuses

Souvenir personnel: Beaucoup de souvenirs douloureux sur cet impitoyable circuit pour les moteurs : les deux principaux étant les casses des propulseurs dans les derniers tours de Prost en 1983 alors qu’il était en tête du GP et assurait sa position et de celui d’Alonso en 2006 en 3° position après s’être élancé de la 10°place malgré son 5° temps (suite à l’application d’une pénalité infligée à l’issue des qualifications pour ‘’gêne’’ de Massa que je considère encore aujourd’hui comme très sévère). Dans les deux cas, heureusement, ces abandons n’ont pas été déterminants dans l’issue du championnat qu’ils ont remporté tous les deux en fin de saison.

Conditions atmosphériques :

Altitude : environ à 150 mètres

Températures : sans extrême mais peuvent être significativement au dessus de 20°C….

Hygrométrie : les dernières années ont été très variables : de sec à …déluge…

L’encadrement du circuit par les arbres rend l’effet d’un éventuel vent très peu perceptible.

Aéro : De toute la saison, elle est particulière et exclusive à ce circuit : le plus faible appui de l’année. La grande proportion de lignes droites ne laissant pas place à des choix significativement différents. Des ailerons sont spécialement définis pour ce rendez vous.

Refroidissement : Pas de difficulté technique particulière : température ambiante modérée et grande vitesse étant des facteurs favorables. Toutefois il convient de définir le bon réglage de refroidissement pour la carrosserie (plus on refroidit plus l’aérodynamique est pénalisante en vitesse) et la présence de débris végétaux (tonte de pelouse, feuilles) pourrait apporter une dégradation au fil de la course.

Freins : Leur usure est moyenne sur ce tracé. Leur comportement est toutefois fondamental pour la performance de la voiture. Le refroidissement qui leur est prodigué par les écopes de refroidissement fait l’objet d’un choix minutieux car si ces dernières sont trop grandes elles pénalisent la vitesse de pointe.

Moteur : Sollicitation maximum, aucun autre circuit n’est plus exigeant. Le pourcentage du temps sur le tour en  Pleine Charge (accélérateur à fond) y sera supérieur à 70%.

Le régime moyen du moteur est également extrême.

Le temps maxi continu en PC d’environ 15 sec est long sans toutefois égaler ce qu’impose Spa ou Shanghai.

Boite de Vitesses : La première peut se révéler utile pour le virage 2 qui est le plus lent du circuit (1° chicane). La seconde est adaptée à la deuxième chicane. La troisième ,  voire la quatrième aux autres virages dont les célèbres Lesmo et Parabolica.

Suspensions : Faible appui, très gros freinages : la stabilité de la voiture est un défi sur ce tracé. Les vibreurs qui délimitent les chicanes compliquent leur mission et leur imposent de lourdes contraintes qui peuvent mettre en danger leur fiabilité.

Pneus : Contrairement au moteur, les lignes droites ne sont pas très contraignantes pour eux. Ce circuit leur impose donc de faibles sollicitations. Pour le sec, les Durs et les Tendres seront à disposition des pilotes.

Stratégie :

Influence de la masse embarquée : env 0.3 sec /10kg

Coût d’un arrêt est important car la ligne des stands est au milieu de la plus longue ligne droite : il faudra compter environ 26 secondes.

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