Oui, je sais, c’est un peu surprenant, mais j’ai envie de faire une comparaison entre Lewis Hamilton et Rafael Nadal. Pas seulement parce qu’ils ont gagné chacun une épreuve mythique sur le même sol (l’Angleterre) et pratiquement sous les mêmes conditions (pluie + nuit) mais aussi parce que leurs succès ressemblent à des prises de pouvoir qui pourraient bien s’avérer définitives…

J’avoue que si je suis un grand admirateur de Federer, dont la classe et le style n’ont pour moi aucun équivalent dans l’histoire du tennis, je suis aussi ébahi devant tout ce que démontre Nadal : loin d’être un Muster bis, il est bien ce mélange de Becker et d’Agassi, véritable félin et funambule des courts, capable de taper plus fort que tout le monde et de donner des petits coups de patte plus subtils encore que ceux de Fabrice Santoro. Je hurle à chaque fois que quelqu’un me dit que c’est un bûcheron : il ne faut pas confondre en effet force de frappe avec frappe aveugle et encore moins vitesse de balle avec poids de la balle. Nadal fait juste plus de points gagnants que les autres, et il le fait d’une manière qui reflète une variété de jeu fabuleuse. Bien sûr, ce n’est pas la même apparence ni la même fluidité que celles de Federer, mais j’ose dire qu’il s’agit d’un même esprit - celui d’un tennis où tous les coups sont utilisés, et quasiment à la perfection. Et puis, n’oublions pas une mentalité qui ne peut que forcer l’admiration : quelle motivation ! Quel sens de la combativité ! Quelle volonté ! Et quel respect aussi de son adversaire, quel fair-play, quelle modestie, finalement, dans le triomphe… Oui, Nadal est un géant.

Hamilton, de son côté, a atomisé la concurrence à Silverstone. Là aussi, de quelle manière ! Comme si les éléments n’avaient pas prise sur lui, comme s’il les dominait, tel un demi-dieu commandant les eaux célestes sur son char argenté… Une leçon de maîtrise et de bravoure sensationnelle, comme il y en a eu peu dans l’histoire de la F1 moderne, témoin d’un pilote sachant transcender son matériel et les événements en eux-mêmes. Mettre plus d’une minute au premier de ses adversaires à Silverstone, c’est comme quand Stewart a mis quatre minutes à tout le monde au Nürburgring en 1968 : une performance surnaturelle. Nous avons eu de la chance d’en être les témoins !

Nous ne disons pas que Nadal va désormais gagner tous les tournois auxquels il participe, ni Hamilton tous les GP. Disons qu’ils ont juste connu un jour qui ressemble à un état de grâce et que ce jour annonce sans doute des années de domination absolue. Il faut s’y préparer, nos deux amis sont désormais dans une autre dimension, là où les attendait un certain Tiger Woods, n°1 du sport en général.

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2 réponses à “Lewis et Rafael : singin’ in the rain”
  1. Denis Bourriez dit :

    Je ne parlerais pas de tennis vu que je n’y connais rien et qu’en plus j’ai beaucoup de mal à me passionner pour ce sport, comme pour tout sport de balle ou de ballon.

    Par contre, je ne suis pas d’accord avec toi LFB sur le fait que Lewis Hamilton ait atomisé la concurrence, certes il a su rester en piste, certes il a maitrisé les éléments et c’est un beau vainqueur, mais il a surtout bénéficié de la bonne stratégie lors du premier ravitaillement. Chez Mclaren on a su anticiper les éléments et on a su renvoyer le pilote avec des pneus neufs, par contre chez Ferrari on s’est pris les pieds dans le tapis, comme chez Renault, en faisant l’économie de trains neufs. Qui sait ce qu’aurait fait Raikkonen avec les bons pneus, n’oublions pas qu’il talonnait Hamilton avant ce premier arrêt et qu’ensuite ce fût le fiasco intégral.
    Mclaren a su donner les moyens à son pilote pour s’imposer, il a ensuite fait le boulot mais je ne pense pas que l’on puisse dire qu’il ait atomisé la concurrence.

  2. Mike dit :

    Comme Denis, je crois surtout que ce sont les concurrents d’ Hamilton/McLaren qui ont été mauvais, plus que le Britannique qui fût génial. Attention, je ne retire rien à sa victoire, mais il faut parfois savoir rester mesuré.
    N’ oublions pas qu’ il y a un an, au Nurburgring, Hamilton se retrouva dans le gravier comme d’ autres et qu’ il revint en piste grâce aux commissaires.
    Outre le fait que Ferrari et Renault se soient plantés dans la stratégie, le fils spirituel de Ron Dennis a aussi bénéficié de la pirouette de Webber, du fait que Raikkonen ait été bloqué par des concurrents quand il a voulu s’ arrêter et enfin d’ un Massa en totale perdition….

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