Nico sur les traces de Keke ?

 

Cette première victoire de Nico Rosberg, le fils de Keke, Champion du Monde de Formule 1 en 1982, était attendue, souhaitée même par beaucoup d’observateurs et de fans de F1. Elle était attendue, parce que depuis ses débuts en F1 à Bahrein en 2006, on savait que Nico avait le talent et le potentiel pour inscrire son nom sur les tablettes, à la suite de celui de son Papa, vainqueur à cinq reprises entre 1982, l’année de son sacre où il ne décrocha d’ailleurs qu’une seule victoire avec Williams et 1985, sa dernière victoire en Australie.

D’ailleurs lors de son arrivée en Formule 1, le fait qu’il débarque dans le championnat au sein de cette même équipe Williams était déjà considéré comme un signe, et une reconnaissance de son talent en devenir, puisque Sir Franck et Patrick Head n’ont pas leur pareil pour dénicher, précisément, les nouveaux talents.

Mais voilà, pendant quatre saisons consécutives avec Williams, même si il y a eu quelques coups d’éclats, Nico n’a jamais pu disposer d’une monoplace capable de lui permettre de décrocher une pole position, et encore moins une victoire, même en montant cinq fois sur le podium, en signant cinq meilleurs tours en course et en menant pendant plus de 230 kilomètres, pas loin de la longueur d’un Grand Prix.

Ensuite chez Mercedes, nouvelle équipe créée sur les bases de celles de Ross Brawn, resté aux commandes et fort de titres pilote et constructeur en 2009, il a essuyé les plâtres en compagnie de Michael Schumacher, qu’il a régulièrement devancé aux essais et en course. Mais voilà, selon l’expression consacrée, il fallait vaincre le signe indien, et pour Nico, ce sont les chiffres qui ont compté, et particulièrement le chiffre 1.

1 comme 111 GP avant de décrocher une pole position et de remporter une victoire, 1 comme 111 ans après la première victoire en compétition de Mercedes en 1901 à Nice, 1 comme le 11 septembre 1955, la dernière victoire Mercedes en F1 à Monza grâce à Juan-Manuel Fangio, et 1 comme le seul pilote encore en vie avant lui, qui avait gagné en F1 pour Mercedes dans les années cinquante. En plus, il l’a fait, mais il l’a fait avec brio, en dominant son illustre équipier de plus de cinq dixièmes aux essais, et de quatre secondes en course, avant que Schumacher ne doive renoncer pour une roue avant mal serrée après 12 tours seulement.

Rosberg a tenu  sous la pression, menant la course en tête avec une stratégie audacieuse basée sur deux arrêts seulement, et une gestion très fine des pneumatiques, comme le pilote intelligent et soucieux de la mécanique qu’il est vraiment. C’est donc en quelque sorte un soulagement pour lui, et un aboutissement logique pour ceux qui l’apprécient, comme moi, pour ses qualités de pilote, mais aussi pour ses qualités tout court. Il est bien élevé, respectueux des autres, parle quatre langues, plutôt « beau gosse », bref c’est un ambassadeur idéal pour la firme à l’étoile qui ne s’y est pas trompé en le recrutant au sein de sa nouvelle équipe début 2010.

Le problème, pour ses adversaires directs, c’est que le gendre idéal se transforme en loup dès qu’il est sur la piste, et maintenant qu’il a prouvé aux autres, et à lui-même, qu’il pouvait le faire, il est évident que cette victoire en appelle d’autres. Avec trois vainqueurs différents en trois Grands Prix, ce championnat 2012 est très ouvert, et il faudra de la constance pour s’imposer.

Alors même si les pilotes McLaren sont en tête du championnat, même si Schumacher va vouloir goûter à nouveau lui aussi à la plus haute marche du podium, même si Vettel ne peut se contenter longtemps d’une cinquième place, même si Alonso et Ferrari ne peuvent pas rester à ce niveau, Rosberg fait dorénavant partie de ceux qui peuvent être couronnés en fin de saison, même avec une seule victoire au compteur, comme Keke, en 1982 !

Jean-Luc ROY

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2 résponses à "Nico sur les traces de Keke ?"

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