Renaud de Laborderie a franchi le drapeau à damier !

 

Quand on a été le témoin privilégié de plus de 500 Grands Prix de Formule 1, depuis la création du Championnat du Monde en 1950, et que cette passion dévorante pousse à être toujours présent sur les circuits à près de 82 ans, c’est que l’on est devenu une référence absolue dans ce milieu si particulier.

Renaud de Laborderie est passé sur sa dernière ligne d’arrivée le dimanche 24 juin, au moment où le drapeau à damier saluait la 29e victoire du double Champion du Monde Fernando Alonso au volant d’une Ferrari, devant le public espagnol en délire, dans les tribunes bordant le tracé de Valencia. Si tenté que l’on puisse « choisir » ce moment ultime, je suis certain que Renaud aurait apprécié cette coïncidence, le voyant quitter ce bas monde pour gagner le « paradis des pilotes »à ce moment précis…

Il pourra y retrouver les plus grands, ceux qu’il avait rencontrés, appréciés et aimés en plus de 60 années de Grands Prix, et avec lesquels il avait noué des liens d’amitié et de fraternité.

D’ailleurs, fait rarissime pour un journaliste, il avait été coopté Membre d’Honneur du Club International des anciens  pilotes de Formule 1, un honneur réservé à seulement deux autres représentants de la presse, dont le Britannique Murray Walker.

Ancien rédacteur en chef  au quotidien « Le Parisien », collaborateur de nombreux magazines et revues, il était aussi directeur de collection aux éditions Solar, et auteur du fameux « Livre d’Or de la Formule 1 », qui était toujours très attendu après chaque saison, tant il fourmillait de détails savoureux et de précisions inattendues.

Car outre sa connaissance inépuisable da la F1 et de son histoire, Renaud était un véritable orfèvre en matière de description de certaines scènes, n’omettant aucun détail, même ceux qui pouvaient paraître anecdotiques à la première lecture, mais qui pouvaient contribuer à installer le lecteur dans une ambiance, à lui permettre de mieux comprendre l’état d’esprit et la mentalité des intervenants.

J’avais eu le plaisir de le convier à participer à plusieurs reprises à mon émission « MOTORS » en direct sur RMC chaque dimanche, la seule émission consacrée aux sports mécaniques sur une « grande » radio. A chaque fois, il avait été impeccable dans ses réparties et ses analyses, ne laissant jamais l’humour de côté, pour faire profiter les auditeurs de ses connaissances et de ses informations, souvent exclusives. Le tout avec courtoisie, respect et bonne éducation.

Des valeurs qui se perdent, comme on dit aujourd’hui… Après les disparitions de Jabby Crombac et plus récemment de José Rosinski, c’est un autre pilier de notre profession qui vient de nous quitter, un de ceux qui ont pesé dans ma vie et dans ma trajectoire personnelle, puisque ses écrits et son enthousiasme m’ont incité à faire un jour « de ma passion mon métier », comme je le dis souvent.

Il y a quelques semaines, il avait passé toute une journée dans le studio de RMC pendant que nous commentions en direct un Grand Prix de F1, avec Patrick Tambay, juste pour prendre des notes et poser des questions précises sur notre manière de travailler afin de rédiger un article.

C’est un homme de qualité qui vient de nous quitter, un de ceux qui ont marqué l’histoire de notre sport dans ce pays. Agnès Carlier, son épouse depuis 30 ans et attachée de presse en F1, vers qui vont toutes mes pensées, a eu le privilège de partager cette trajectoire exceptionnelle.

Jean-Luc ROY

 

2 résponses à "Renaud de Laborderie a franchi le drapeau à damier !"

  • Gilles Flaire a écrit:
  • Nounou a écrit:
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