juil
24
Maître Capello s’en va, l’endurance est dépeuplée…
J’avoue être un peu nostalgique à l’annonce que Rinaldo Capello arrête sa carrière de pilote d’endurance et de prototypes P1. Certes, cela fait globalement un an que l’on sait que l’Italien s’apprêtait à tirer sa révérence de ce milieu mais une fois qu’on y est, on ne peut s’empêcher d’avoir un petit pincement au coeur. Il a choisi d’annoncer cela en plein coeur de cet été 2012, peut-être fidèlement à son image : avec classe et discrétion…
Pour suivre l’endurance depuis presque vingt ans, je peux témoigner personnellement que ce gars-là était un modèle du genre. On l’avait vu débarquer au Mans avec l’équipe Audi, avec d’autres « grognards » de la marque aux anneaux qui écumaient les séries tourisme : Capello, Biela, Pirro… Qu’allaient-ils donner dans le cadre d’une des courses les plus difficiles au monde ? On a vite compris. En fait, ces pilotes, pas les plus connus, pas les plus rapides, étaient pourtant parmi les plus efficaces qu’on puisse trouver sur le marché. Ils avaient de l’expérience, de la bouteille, rompus à toutes les luttes en peloton, suffisamment de sagesse pour ne pas aller chercher l’ultime limite, suffisamment rapides pour assurer le boulot en toute circonstance, suffisamment modestes pour ne pas tirer la couverture à eux, suffisamment ambitieux pour tout donner dans cette deuxième partie de carrière qui avait déjà commencé pour eux… Moralité : 5 victoires au Mans pour Pirro et Biela, 3 pour Capello, ce dernier s’offrant par la même occasion 5 Sebring, 5 Petit Le Mans, deux titres ALMS et 27 victoires dans ce championnat, ce qui en constitue toujours le record !
C’est clair qu’il nous manquera au Mans au sein de cette formidable équipe Audi. Il a échoué de peu cette année à aller chercher une ultime victoire et on a vraiment eu l’impression que la marque allemande aurait bien aimé la lui offrir. Personnellement, je garde en mémoire mon déplacement à Sebring en 2008. Nous retransmettions en direct les 12 Heures et j’étais sur place pour intervenir régulièrement par téléphone. Le dimanche matin (aux Etats-Unis), soit le lendemain de la course, je devais faire une petite intervention pour RMC. Il était 8h du matin et les pilotes Peugeot m’avaient promis d’être là au petit déjeuner pour répondre à quelques questions… En fait, ils dormaient encore, mais il y avait McNish et Capello… Nous étions dans le hall de l’hôtel et nous avons discuté un quart d’heure en privé, refaisant la course, échangeant nos points de vue. En toute simplicité et sincérité, quelques heures seulement après le drapeau à damiers. Une disponibilité et un savoir-vivre qui m’avaient vraiment épaté.
Bonne « retraite » donc à Rinaldo Capello, même si on devrait le retrouver en GT. « Dindo » et ses cheveux blancs, c’était quand même quelque chose…!