F1, ou le jeu des chaises musicales

 

Cette fois ça y est, la période que nos amis britanniques qualifient de « silly season » ou « jeu des chaises musicales » a commencé… et il semble bien que la musique puisse plutôt ressembler à un rock qu’à un…tango, pour rester dans le domaine musical !

Ce n’est surtout pas pour en tirer quelque satisfaction a posteriori, mais je vous incite à écouter, ou à réécouter notre dernier « Debriefing F1 » consacré au GP de Singapour, et même celui que nous avions réalisé après Monza, pour vérifier que toutes mes supputations n’étaient pas dénuées de fondement….

Ainsi nous venons d’apprendre en quelques heures et dans une série d’annonces en cascade, que Lewis Hamilton quittait McLaren, l’écurie de ses débuts en F1 et même bien plus tôt dans les sports mécaniques, lorsque Ron Dennis avait discuté avec ce jeune garçon timide mais plein d’aplomb qui était venu lui demander conseil lors d’une soirée officielle. Hamilton avait ensuite été recruté et intégré dans une filière, qui lui avait permis de franchir tous les échelons avec succès, jusqu’à devenir champion du monde de F1 pour cette équipe et pour son patron qui avait cru en lui , et l’avait placé sur une trajectoire idéale.  Pourtant depuis quelque temps, ces liens très étroits s’étaient un peu relâchés, depuis que Ron Dennis lui-même avait pris du recul avec son écurie pour se consacrer entièrement à McLaren Cars, la marque automobile qui construit des GT de rêve, mais pour la route cette fois.

Et manifestement le lien quasi filial qui existait entre Ron et Lewis n’était plus tout à fait de même nature avec Martin Witmarsh, l’homme de confiance à qui Ron Dennis a confié les rênes de l’équipe de F1. La saison 2011 fut un peu « inconstante », avec des résultats en dents de scie, un environnement personnel et affectif perturbé par la rupture du management effectué jusque-là par son propre père, et une fiancée « star » très voyante et très connue, un temps partie briller ailleurs….
En 2012, on allait retrouver « le vrai Lewis », mais une monoplace parfois moins efficace, ou des pneumatiques moins adaptés, et des réglages plus difficiles à cerner, rendaient la saison également plus mouvementée…jusqu’au fameux « tweet » de Spa, post-qualifications ou Lewis tentait de justifier son apparent manque de performance par rapport à son équipier Jenson Button auteur de la pole, par un aileron arrière qu’on lui aurait plus ou moins imposé, le tout assorti de courbes et de graphiques considérés à juste titre comme « top secret » par son équipe. La coupe était presque pleine.

On rajoute aux ingrédients une pole et une victoire impeccables à Monza, mais sans émotion ni complicité particulière avec son équipe, une nouvelle pole à Singapour, cette fois sans commentaire depuis le baquet, suite à une « panne de radio » très certainement ? Et une panne mécanique éliminatoire en course, alors que Lewis menait le Grand Prix, il ne restait plus qu’à attendre la suite ! Lewis quitte donc Mc Laren-Mercedes, pour rejoindre Mercedes-AMG, la « maison-mère » en quelque sorte, en tout cas le motoriste à qui il a rapporté le plus grand nombre de victoires en F1, 20 à égalité avec Mika Hakkinen, une référence, un double champion du monde.

Hamilton précipite le départ à la retraite, la vraie cette fois en tout cas pour la F1, de Michael Schumacher, le plus gros palmarès de la F1 avec sept titres de champion du monde, 91 victoires et 68 pole positions. Une légende vivante, un monstre, dont on attend maintenant, ou non…., la confirmation en tant que « conseiller spécial-sportif-manager », au choix, au sein de l’écurie, et surtout le statut d’ambassadeur à vie, ou presque, de la marque à l’étoile.

Mais l’envie est-elle là des deux cotés, après ce qu’il faut bien considérer comme un retour raté, même si il reste encore six Grands Prix cette saison pour rendre fausse cette affirmation. Un seul podium en presque trois saisons jusque-là, une domination écrasante de son équipier Nico Rosberg, auteur de la seule victoire de Mercedes pendant cette période, Schumacher mériterait une meilleure sortie de scène. Et, à la surprise générale, c’est le tout jeune Mexicain Sergio Perez, à peine 22 ans et jusque-là tellement bien intégré dans le giron de Ferrari chez Sauber, qu’on le croyait destiné à remplacer Massa dès 2013, qui se retrouve chez McLaren à la place d’Hamilton, certainement avec un gros paquet de quelques dizaines, ou centaines…. de millions de dollars venus de TelMex et de Carlos Slim dans ses bagages.

Alors maintenant, voici la suite des interrogations dans ce vaste et coûteux jeu des chaises musicales : qui chez Sauber à la place de Perez ? Que vont devenir Di Resta et Hulkenberg, pourtant dans le giron de Mercedes chez Force India ? Qui à la place de Massa chez Ferrari, défendu par Alonso, qui sait n’avoir rien à craindre de lui au sein de l’équipe ? Et la suite des conséquences, en cascade ? Suite au prochain épisode à Suzuka, ou même avant….

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  • Michel P a écrit:
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