Loeb, l’homme 9

 

Nonuple. Drôle de mot. Que l’on a rarement l’occasion de prononcer dans le sport. Quel qu’en soit le milieu. Avec Sébastien Loeb, qui nous a souvent forcés à employer les superlatifs, il va falloir désormais s’habituer  à le prononcer car il est pour la neuvième fois Champion du monde. Et avec lui Daniel Elena.A Haguenau, chez lui, puis à Strasbourg, Sébastien Loeb a posé son casque pour enfiler une neuvième couronne mondiale. Neuf en neuf ans, un exploit unique en son genre en sport mécanique. Rester ainsi au sommet de son art, sans jamais avoir de baisse de régime, sans ou presque sans lassitude relève presque du surhumain. Neuf en neuf ans avec cette fois-ci la certitude qu’il n’y en aura pas dix. Encore deux rallyes à disputer en Italie et en Espagne et un chapitre de l’histoire du WRC va se refermer. Sans aucun doute au grand soulagement des adversaires de Loeb et Elena qui se sont ainsi vu barrer la route d’un possible titre pendant quais une décennie. A s’en attraper des cheveux blancs…

Nullement une surprise, ce neuvième sacre annoncé s’est déroulé, quel heureux hasard, à l’occasion du Rallye de France, en Alsace, à domicile pour Loeb. Fidèle à son tempérament et à cette philosophie qui lui a permis une telle longévité, le pilote Citroën a dominé les débats et n’a vu qu’en la victoire le moyen de fêter ça devant son public, venu en masse (re) vivre l’évènement. Dans les spéciales, autour des tracés des super spéciales. Aux assistances. Et comme à son habitude, Loeb a frappé quand il l’a voulu, laissant aux autres le soin de faire des erreurs plus ou moins grosses… N’est-ce pas Petter… Ahh, Solberg… Lui qui rêvait d’être, après avoir été le dernier champion du monde avant l’ère Loeb, le premier a faire chuter son pote, n’aura su que faire tomber un poteau… (voir la vidéo du crash de Solberg)

Bref, C’est donc sur le toit de sa DS3 que Loeb et Elena ont été une fois encore sur le toit du monde. Avec dans les regards une émotion non feinte. Pensées émues, titre que l’on dédie, mais aussi était-il temps de savourer plus encore qu’à l’habitude ce cérémonial devenu tradition dans l’équipe Citroën. Pour elle aussi, une page se tourne. « C’est comme ça, on le savait… Et de non côté, je savais bien que je ne partirais pas à la retraite avec Sébastien Loeb, soulignait non sans humour Didier Clément, son ingénieur. Et neuf ans, dans ce métier, c’est déjà incroyable « . Incroyable est le mot et il va falloir s’habituer… Loeb et Elena aussi vont devoir s’habituer et, pour redescendre de leur Everest, ils vont passer par un camp de base fait de quelques rallyes en 2013… qui devrait leur améliorer encore des statistiques surnaturelles (75 victoires à ce jour).

On se sait pas si Sébastien Loeb et Daniel Elena vont terminer cette saison soulagés, blasés ou, au contraire, avec toujours chevillé au corps l’appétit de débutants qui semble ne jamais les avoir quittés.  Mais en les voyants sabrer le crémant d’Alsace ou le champagne, on fut presque pris -déjà- de nostalgie. Nous aussi, il va falloir qu’on s’habitue.

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1 résponse à "Loeb, l’homme 9"

  • julien a écrit:
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