Les constructeurs allemands surfent sur la crise !

De ce côté-ci du Rhin, on n’entend parler que de la crise et de ses conséquences inéluctables sur le secteur automobile: fermeture d’usines, réductions des effectifs, plans sociaux, réductions des budgets, arrêt des programmes de compétition, etc…..

Du côté des constructeurs allemands, le bilan est à l’opposé, avec des chiffres de vente en augmentation impressionnante, y compris en Europe, de nouveaux records historiques en matière de ventes et de production, et bien évidemment des profits colossaux.

Ces résultats sont encore plus impressionnants pour ce qui concerne les constructeurs spécialisés dans le haut de gamme tels que Audi, Porsche, BMW ou Mercedes, qui réalisent des prouesses, alors que la crise aurait dû, logiquement, les frapper de plein fouet

Cherchez l’erreur, ou plutôt les erreurs ?

Je commencerai par évoquer brièvement les points forts de ces constructeurs, les atouts qui leur permettent de continuer à conquérir des parts de marché, dans un marché globalement en récession dans notre très vieille Europe, et à s’implanter et à se développer dans les fameux BRIC : Brésil, Russie, Inde, Chine, qui sont des marchés immenses où les enjeux sont déterminants pour le futur.

Les constructeurs allemands savent produire des voitures de qualité, séduisantes, bien conçues, bien équipées, bien positionnées, alliant performances et économie, le tout précédé, ou accompagné, d’une excellente réputation en matière de fiabilité. Ils s’appuient sur des succès et une présence en compétition aux plus hauts niveaux : F1, WEC et Le Mans ou WRC pour les uns, DTM pour tous, véhiculant toutes ces images de performance, de technologie et de fiabilité, à laquelle les automobilistes sont et seront toujours sensibles.

De surcroît, cette image de progrès technologique, de performance et de rendement, accompagne toujours les lancements de nouveaux modèles, dans une logique appropriée.

Le meilleur exemple récent concerne bien sûr Audi dont le slogan planétaire : «  Le progrès par la technique », a trouvé sa pleine illustration à de multiples reprises à travers les succès des Audi Quattro en rallye, des Audi R 10 Ultra Diesel au Mans et en Championnat du Monde d’Endurance, et enfin cette saison des Audi E-Quattro sur ces mêmes circuits.

Ayant été la première marque à s’imposer dans les différents Championnats du Monde, grâce à des modèles équipés de quatre roues motrices, d’un moteur diesel, et enfin d’un moteur hybride, Audi en recueille tout naturellement les bénéfices, en termes d’ image et aussi d’audace et de compétence, en un mot comme en mille !

Gouverner c’est prévoir, dans ce domaine également, on peut  se demander si certains constructeurs tricolores, Peugeot pour être plus précis, n’auraient pas dû poursuivre son engagement de manière déterminée en compétition au plus haut niveau, en WEC en l’occurrence, à l’image de Renault en F1, ou de Citroën en WRC.

Mais pour exploiter pleinement les bénéfices de bons résultats en compétition, encore faut-il disposer d’une gamme en adéquation avec cette présence et ces engagements, c’est là que la bât blesse…. Encore faut-il que le sentiment «autophobe » ne soit pas exploité et véhiculé par les pouvoirs publics eux-mêmes à la moindre occasion, encore faut-il que le réseau routier et la réglementation permettent de profiter pleinement de ces performances…. On mesure chaque jour un peu plus que ce sont deux mondes qui se côtoient de chaque côté du Rhin.

Pour ce qui concerne enfin le développement dans les BRIC, d’alliances contre nature en demi-associations, d’accords non respectés en sourires de circonstances, les constructeurs français n’ont pas pu, su ou voulu (biffer les mentions inutiles…) comprendre que l’émergence de groupes puissants et planétaires était inéluctable, et qu’il valait mieux de mauvaises alliances que pas d’alliances du tout.

Aujourd’hui ce constat est évident, et les constructeurs allemands, encore eux, ont a priori tous les atouts en main pour faire face aux évolutions, ou aux révolutions futures ou en cours, on aimerait beaucoup que ce soit également le cas chez nous, mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Jean-Luc ROY

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  • DECLIN a écrit:
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