déc
21
F1 pilotes 2012 bilan – Michael Schumacher
Deux étoiles pour le prix d’une : celle d’un pilote et celle d’un constructeur. La première a sérieusement pâli depuis trois ans et la deuxième ne s’est pas privée d’écraser la première. On ne reviendra pas sur la tragi-comique annonce de la (seconde) retraite de Schumi et ces drôles de relation entre Mercedes et son supposé pilote vedette, on constatera juste que ça s’est passé bizarrement et qu’on a poussé l’ex baron rouge tout puissant vers la sortie. Cela étant, avouons qu’on ne voyait pas d’autre issue pour lui…
Ce qui est étonnant finalement, c’est que rien ne s’est passé comme prévu depuis le retour de Schumi en 2010. Globalement, on avait imaginé deux scénarios : soit ça marchait tout de suite, et on reprenait là où l’avait laissé, soit on lui accordait un peu de temps par rapport à une nouvelle équipe et le tout allait monter en puissance puisque le contrat était bien sur trois ans. Verdict : ça n’a pas marché d’emblée et c’est même aller en se dégradant ! Au point de rendre cette saison 2012 particulièrement pénible.
Si on regarde les chiffres, froids mais révélateurs, on constate qu’on peut diviser la saison de Schumacher en trois. La première partie va du GP d’Australie à celui du Canada (soit les 7 premiers) : 2 points seulement de marqués ! Un drame absolu. 67 points dans le même temps pour Rosberg. Avec quand même un haut (une quasi pole à Monaco) et un bas bien symbolique (il accroche Senna en Espagne). La deuxième période va de Valence à Monza (six GP) et il y a incontestablement une remise au niveau, illustrée par le podium du GP d’Europe. Il score à cinq reprises et inscrit 41 points (contre 16 à Rosberg). Rien à dire, il est à sa place et fait le boulot. Hélas, il y a bien une 3e et dernière période (Singapour-Interlagos), soit les sept derniers GP où il ne marque que 6 points (10 pour Rosberg, ce qui veut bien dire que l’équipe Mercedes a là touché le fond). L’incident là aussi symbole de cet fin d’année est l’accident de Singapour où il percute Jean Eric Vergne. Une confusion totale, un esprit qui semble déjà avoir quitté la F1. D’ailleurs, après l’annonce de sa retraite, on l’a clairement senti « ailleurs » et on l’a parfois détesté de nous faire encore des manoeuvres plus que limites (face à Button à Austin). Heureusement que tout s’est bien terminé à Interlagos, où il a terminé à une vaillante 7e place après avoir presque passé le baton en direct à son successeur Vettel.
Trois ans après son fracassant comeback, que reste-t-il donc de l’époque Schumacher 2010-2012 ? Beaucoup de déceptions, de frustrations, voire de malentendus. Nous faisons partie de ceux qui n’ont jamais cru, franchement pas une seule seconde, qu’il allait regagner de nouveau. Non pas qu’on ne le voulait pas, juste l’impression qu’on ne peut pas lutter contre le temps, la jeunesse et presque son destin. Il a eu sa chance de briller, il l’a formidablement saisie, place aux autres. Quelque part, c’était écrit. Et il s’en va de nouveau, avec ses records et ses zones d’ombre…