François Cevert, 40 ans déjà !

Certains d’entre vous, les plus jeunes bien sûr, ne savent peut-être pas de qui il s’agit, certains n’ont peut-être même pas entendu son nom ?
Mais pour tous ceux qui étaient passionnés de sport automobile et de Formule 1 à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, le souvenir de François Cevert, tué le 6 octobre 1973 lors d’une terrible sortie de piste pendant les essais du Grand Prix des Etats-Unis Est sur le circuit de Watkins Glen, est resté intact.

 
« Une personne reste toujours vivante, tant qu’elle est dans la mémoire de ceux qui l’ont côtoyé, aimé, accompagné, admiré », ce sont les propos tenus par Sir Jackie Stewart, triple Champion du Monde de F1, lors de cette journée organisée à Montlhéry le 5 octobre dernier par le Club Autodream, en mémoire de François Cevert. Cette équipe de passionnés de sport automobile (Christian Dujardin, Michel Crouillebois, Jean-Pierre Denis et Philippe Hébert) est parvenue à obtenir la participation exceptionnelle des principaux témoins de cette époque : la sœur de François, Jacqueline Beltoise, très émue, qui a raconté beaucoup de souvenirs personnels et intimes ; son frère Elie ; mais aussi Jean-Pierre Beltoise bien sûr, son beau-frère et son équipier chez Matra, Henri Pescarolo ; Jean-Pierre Jabouille ; Jean Vinatier pour les pilotes ; mais aussi Bob et Kenneth Tyrrell, les fils de Ken, Nina Rindt, épouse de Jochen, Champion du Monde à titre posthume en 1970, et bien d’autres, tous très émus d’évoquer le souvenir de ce véritable « Prince de la Vitesse ».

 


Parce que la première qualité apparente de François Cevert, c’était sa beauté, son regard transparent, sa voix très caractéristique, qui faisait littéralement fondre toutes les créature qui pouvaient l’approcher sur les circuits ou en dehors….Comme l’ont précisé avec beaucoup d’humour Jean-Pierre Beltoise, Jean-Pierre Jabouille ou Henri Pescarolo, il savait très bien se servir de ce charme quasi irrésistible, son « palmarès » en dehors des circuits en atteste et ses « camarades de paddock » étaient ravis de pouvoir profiter de cet afflux permanent de très jolies filles !
Il pourrait s’agir d’une anecdote, si tous ceux qui l’ont approché n’insistaient pas aussi précisément sur ce charme dévastateur du jeune pilote, qui lui a certainement beaucoup servi dans la conduite…de sa carrière. Mais François Cevert était surtout et avant tout un pilote extrêmement doué, les frères Knight qui avaient créé à Magny-Cours l’une des écoles de pilotage les plus réputées de cette époque l’ont rappelé avec insistance, au micro d’Eric Bhat, notre ancien confrère, qui animait avec passion et talent toute cette après-midi.


Les deux Jean-Pierre, Beltoise et Jabouille, Henri Pescarolo ont rappelé des détails précis et peu connus de la carrière de François, ils ont décrit l’ambiance de l’époque et les rivalités qui pouvaient naître, parfois même entre équipiers….et les centaines de personnes rassemblées dans le centre culturel de Montlhéry ont eu l’impression d’être invitées à un dîner de copains, où un seul manquait, malheureusement !
Un film magnifique, émouvant, réalisé par Alain Boisnard d’AFAVA, qui filmait tous les Grands Prix de F1 à la demande de Elf et de François Guiter à l’époque, nous a permis de revoir François dans de nombreuses situations de la vie d’un pilote de course, et même en course, bien sûr !


Dans la matinée, les spectateurs avaient pu découvrir plusieurs voitures qui ont permis à François de grimper les échelons durant sa carrière de pilote, et notamment une berlinette Alpine de 1966, une Tecno de F3 de 1968, une Tecno de F2 de 1969, une autre de 1971, et surtout une Matra 670 engagée aux 24 Heures du Mans, et deux Tyrrell F1 de 1972, pilotées par Jackie Stewart et par François Cevert.


Le fait de détailler l’étroitesse de ces cockpits constitués d’aluminium riveté, d’observer la finesse des triangles de suspension et de tous les éléments mécaniques et aérodynamiques, suffit pour comprendre le courage extraordinaire qu’il fallait pour se glisser dans ces baquets rudimentaires et attaquer à la limite, sur des circuits où les rails de sécurité étaient souvent le seul décor possible…


De nombreux pilotes disparus dans ces années-là ont été évoqués par Jackie Stewart qui en a compté 95 ! En citant notamment Jim Clark, Bruce Mc Laren, Piers Courage, Jochen Rindt, François Cevert bien sûr, etc. A cette époque-là, la mort faisait partie du contrat des pilotes de F1, c’est d’ailleurs le titre d’un livre signé par Jackie Stewart, une raison supplémentaire pour brûler la vie par les deux bouts, à l’image d’un James Hunt et de beaucoup d’autres, magnifiquement décrit dans le film Rush de Ron Howard, lors de son combat contre Niki Lauda pour décrocher le titre en 1976.


Cette journée magnifique a rempli tous ceux qui ont eu le privilège d’y participer de nostalgie, de respect et d’admiration.

 
François Cevert faisait partie de la race des seigneurs, de celle des Champions, selon Jackie Stewart, il aurait vraisemblablement été sacré en 1974, et il a rappelé que François avait eu l’élégance de lui laisser la victoire à certaines reprises en 1973 afin d’assurer son titre, en sachant que son tour viendrait la saison suivante.
Une époque chevaleresque, où les pilotes côtoyaient la mort au quotidien tout en faisant preuve d’élégance et de générosité….nous en sommes très loin aujourd’hui !

 

Jean-Luc ROY

Mots-clés: ,

2 résponses à "François Cevert, 40 ans déjà !"

  • AUBIGNAC a écrit:
  • Jacques Lortholary a écrit:
Laissez un commentaire