Arriverderci Dario

Ainsi, Dario Franchitti a-t-il décidé, sans doute contraint et forcé, de mettre un terme à sa carrière en monoplace. Décision choc aux Etats-Unis, une vraie « breaking news » pour le sport automobile américain. Car Dario Franchitti, c’est plus qu’un pilote, c’est une personnalité, à la fois par son palmarès et sa vie qui a flirté avec le people lorsqu’il était marié à l’actrice Ashley Judd.

Arriverderci Dario. Comme, il y a vingt ans, nous avions dit Arriverderci Mario quand le grand Mario Andretti avait fait sa tournée d’adieux. Dario Franchitti avait alors 20 ans (il est né en mai 1973) et entamait à peine sa carrière automobile. Loin de s’imaginer qu’il allait marcher sur les traces de cet illustre aîné, lui aussi d’origine italienne. F3 avec l’écurie de Paul Stewart, puis DTM, avec Mercedes. Il existe d’ailleurs une anecdote… à moins que ce ne soit une légende. Coup de téléphone chez les Franchitti : « Bonjour, je suis Norbert Haug, directeur de Mercedes Motorsport et je voudrais parler à Dario »« C’est ça ! et moi je suis les Beatles » aurait répondu papa Franchitti en raccrochant… Il faudra toute l’insistance de l’Allemand pour qu’enfin il puisse parler à ce jeune Ecossais prometteur à qui il confiera pendant deux ans un volant en DTM et ITC.

Volant qui débouche alors sur un essai F1, à Jerez de la Frontera, au volant d’une McLaren. il est alors bien timide, le petit Dario que j’ai rencontré à cette occasion, bien loin de celui qu’il est devenu par la suite. Essai non transformé. Dario Franchitti n’est pas allé en F1. Là est peut-être sa chance car en prenant son billet pour les Eats-Unis, il a scellé sa destinée : il va acquérir un des plus beaux palmarès de notre sport préféré, va connaître la gloire et la fortune. Sans jamais se départager de son sourire et de sa gentillesse. Ni de son envie de piloter, parfois, autre chose que des monoplaces. C’est ainsi qu’il tenta une carrière en Nascar où il va d’ailleurs retrouver un certain Juan Pablo Montoya chez Chip Ganassi Racing. Ou qu’il ne rechigne pas à faire quelques piges en Grand Am (victoire à Daytona) comme en ALMS. Les 12 heures de Sebring furent d’ailleurs l’occasion pour nous de se retrouver… et évoquer sas chichi, en compagnie de son frère Marino et de LFB, ses fameux essais de Jerez… L’an dernier, il avait participé au Peit Le Mans rien que pour rouler avec son frangin.

Retour en Indycar en 2009. Pour trois titres supplémentaires, 2009,2010 et 2011. Et pour deux nouvelles victoires à Indianapolis, 2010 et 2012. Il ne le sait pas encore, mais ce succès est son dernier. Victoire symbolique pour l’émotion qu’elle représentait pour Franchitti: il succédait à Dan Wheldon, tragiquement disparu lors de la dernière épreuve de la saison 2011. L’ami Dan, décédé le jour de son quatrième sacre. Comme était décédé un autre grand ami, Greg Moore, en 1999.

Comment ne pas y penser quand sa célèbre Dallara N°10 s’est désintégrée dans les grillages de Houston. Comment n’y a-t-il pas lui même pensé quand les médecins lui ont sagement recommandé de raccrocher. Sans doute la décision est-elle forcée, sans doute est-elle soudaine, pour lui comme pour son équipe et ses proches mais, survenant au terme d’une saison difficile et terne, elle est synonyme de bon sens et de sagesse. Arrivederci Dario.

 

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