Pollution : j’en remets une couche ?

Je prends la suite de Jean-Luc Roy qui a mis en évidence les inepties de la mesure lancée dans la seule Ile de France… et encore pas partout!  Et maintenant que les particules fines sont parties, essayons de voir plus loin.

A-t-on correctement géré l’affaire de la pollution qui a sévi sur la France durant quelques jours ? A-t-on su jouer fin sur les particules et sur les habitudes des uns et des autres. Propose-t-on, enfin, de vraies solutions à un vrai problème ? Une seule réponse à ses trois questions : non. Pour balayer, en préambule, toute accusation d’être, dans notre rédaction comme dans ces colonnes, aveuglé par notre passion pour l’objet automobile, disons tout net que l’on comprend parfois que nécessité fasse loi.

Pour autant,  une question s’impose : comment en est-on arrivé là ? Elle est essentielle, cette question et les politiques de tout bord devraient se la poser car y répondre est faire ce constat d’échec : la pollution aurait donc augmenté alors que la technologie n’a cessé de progresser sous le joug de règles de plus en plus restrictives. Quel paradoxe en effet. Nos voitures n’ont jamais si peu pollué, n’ont jamais si peu consommé et pourtant, on vit moins bien qu’il y a dix ans… Va comprendre, Charles.

S’ils étaient moins influencés par les lobbies anti-voitures et en s’appuyant, au contraire, sur les bonnes études menés par des scientifiques « donneurs d’alerte » comme l’on dit aujourd’hui, les politiques, tant au niveau national qu’européen, auraient compris faire fausse route se focalisant sur le seul critère de C02. Gaz que rejettent les moteurs essence et pas les Diesel.  Le raisonnement est donc facile à comprendre : en jouant la carte du Diesel, on passe les normes les doigts dans le nez. Sauf que les moteurs Diesel, et ce malgré la technologie des filtres à particules, recrachent du dioxyde d’azote. Cancérigène. On peut résumer tout cela d’une formule peut-être un peu crue : entre la planète et l’homme, on a privilégié la planète.

Cet épisode polluant aux particules fines va-t-il relancer le débat et inciter nos dirigeants à prendre enfin les mesures qui s’imposent ? On l’espère même si le durcissement des normes pour 2020, encore et toujours basées sur le C02, peuvent laisser perplexes…

A court terme, que faire ? Maintenant que nous avons tous pris conscience – nos ministres aussi ?? – du problème, il est urgent de prendre une première mesure simple et rapide : ne plus attribuer… de bonus écologique aux véhicules Diesel que l’on sait plus coûteux à fabriquer…  et qui n’étaient pas plus chers à l’achat ! Mesure symbolique peut-être mais frappée au coin du bon sens.  Cela aura pour effet de rendre de nouveau un véhicule essence attractif. Peu à peu, se rétablira un équilibre du marché, sans pour autant pénaliser ceux qui ont récemment changé de voiture. Car, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, le parc français n’est pas si vieux.  Logique, les incitations n’ont pas manqué…

Autre mesure qui va faire grincer des dents : augmenter le prix du gazole, dont le prix au litre fait partie de la longue liste des exceptions françaises. Alors qu’il est plus cher à fabriquer que du sans plomb. Alors que nos pétroliers sont obligés d’en importer.  Là encore, pour ne pas pénaliser 70 % des conducteurs, il faudra peut-être y aller par palier. Pourquoi le gouvernement a-t-il botté en touche l’an dernier ? Sans compter qu’il aurait pu remplir les caisses de l’état, il pouvait prendre alors une décision politiquement courageuse qui irait, aujourd’hui, dans le sens de l’histoire.

Enfin, pour conclure : et si la seule automobile et les seuls automobilistes n’étaient pas tenus pour responsable des maux de la planète ? Et si, enfin, et sans succomber aux chantages à l’emploi, nos dirigeants s’occupaient de l’industrie ? On peut rêver, non ?

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