Un p’tit debriefing WRC – Rallye de Finlande

Ah, les périodes de vacances… pas forcément propices aux débats, surtout quand il s’agirait plutôt de s’entretenir… avec soi-même. Vous l’avez compris, mes compères étant absents pour cause de vacances bien méritées, nous allons donc reporter nos rendez-vous de Debriefing en vidéo. Est-ce pour autant une raison de ne rien écrire? Certainement pas ! Place donc à un rapide Debriefing écrit sur le rallye de Finlande.

Plus encore qu’en Formule 1, le championnat du monde des rallyes (WRC) est dominé par une équipe, Volkswagen, ce qui place bien évidemment deux de ses pilotes en lice pour le titre mondial. Mais contrairement à ce qui se passe en F1, où l’on sent bien poindre quelques tensions entre les deux pilotes Mercedes, l’ambiance reste sereine chez Volkswagen, pour une raison essentielle: Sébastien Ogier, Champion en titre, s’est déjà concocté un petit matelas de points relativement conséquent (44, au terme du rallye de Finlande, ça permet de voir venir!) Sébastien Ogier, en homme intelligent qu’il est, sait ainsi gérer son effort et son championnat sur la distance, d’où son sourire et apparente décontraction à l’arrivée. Ogier sait aussi, et c’est à souligner, admettre qu’il n’a pas été parfait au point de faire quelques petites erreurs qui se paient cash en terme de chronos, et rendre hommage à son adversaire. Seule ombre au tableau qui nous a valu, de sa part, un humour sarcastique doublé d’un peu d’énervement: sa position d’ouvreur qui aura duré… la moitié des spéciales : treize au total! Pour la simple et unique raison que les deux premières journées étaient considérées comme faisant partie de la première étape ! Franchement, ce point de règlement, dès lors que la première journée offre, comme ce fut le cas en Finlande, 60 km de vraies spéciales, est à revoir d’urgence.

Pas question, toutefois, de dévaloriser la victoire de Jari-Matti Latvala, de refaire le monde avec des si… Le Finlandais s’était préparé pour ce rendez-vous, à tous les niveaux. Pas loin de 600 km d’essais, durant lesquels il a porté son capital confiance au maximum tant il s’est senti bien au volant de la Polo R WRC. Mentalement aussi, Latvala a travaillé et travaille encore. Ancien mentor de Marcus Gronholm, Christoph Treier est désormais aux côté du pilote VW qui, quand tout va bien, est le seul à savoir s’opposer à Sébastien Ogier. On l’a vu en Argentine. On vient de le voir en Finlande. Mika Anttila, tout aussi parfait dans le rythme de ses notes, le reconnaît : l’apport de Christoph Treier fut essentiel lors de la troisième journée… Lorsqu’un grain de sable, où plutôt un trou, est venu enrayer la machine Latvala. Un étrier de frein qui casse, une voiture freinant sur trois pattes alors qu’il domine son sujet, il n’en faut pas plus pour que Latvala cède au doute. Très vite, il a appelé l’assistance, rapidement, il a discuté avec son préparateur mental. Latvala a souffert mais ne s’est pas désuni, a trouvé, au delà de sa seule et énorme motivation, les ressources nécessaires pour garder concentration et vitesse.

Au final, sa deuxième victoire à domicile, sur ce sol finlandais qui, depuis justement sa première victoire en 2010, n’avait vu triompher que de satanés Français prénommés Sébastien, Loeb en 2011 et 2012 – et déjà vainqueur en 2008), Ogier l’an passé. Latvala tenait absolument à ramener la victoire dans le clan finlandais. Il y est magistralement parvenu rejoignant, avec deux succès, un certain Ari Vatanen, venu le féliciter à l’arrivée. Dans son élan (bien sûr!) , il se voit même relancé au championnat. On ne voudrait pas doucher là son enthousiasme mais avec 44 points de retard alors que se profilent des rallyes comme l’Allemagne (où Ogier aura envie de se racheter), la France ou l »Espagne, cela paraît quasi mission impossible.

Patrick Rivet

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