WRC, deux jours devant, une main derrière

Cette fois-ci, le Conseil Mondial de la FIA n’a pas pu aller contre les propositions de la commission rallye. A partir de l’an prochain, le pilote leader du championnat du monde au départ d’une épreuve restera le premier sur la route durant deux jours et non plus un seul, sachant que le format des rallyes ne change pas : deux jours et demi. Les pilotes, et le premier d’entre eux Sébastien Ogier, vont devoir se faire une raison.« Vous verrez qu’au final, ça ne changera rien. On retrouvera les mêmes au sommet de l’affiche. L’an prochain, au Pays de Galles, Sébastien Ogier et Jari Matti Latvala seront encore à se battre pour le titre de champion du monde. » Tel est, en substance, le discours des géniteurs et défenseurs de la règle des ordres de départs instaurées pour 2015. On a envie de répondre : encore heureux ! Manquerait plus en effet qu’au soir du dernier rallye, ce ne soient pas les meilleurs qui l’emportent. On connaît l’effet dévastateur de ces tractations et décisions sur la motivation de Sébastien Ogier durant l’été, et en particulier durant ce rallyes d’Allemagne de triste mémoire pour le désormais double champion du monde des rallyes qui en fit une sorte de paranoïa anti-Ogier. Sans forfanterie aucune, il se considère aujourd’hui comme le meilleur de sa discipline et donc comme le légitime pilote à qui on va demander de balayer les pistes en terre deux jours durant. Technicien de surface glissante, il sera. Pour le rassurer, rappelons-lui 1) que les promoteurs et instances dirigeantes ont également tenté, par le passé, de museler Sébastien Loeb. En vain. L’Alsacien avait cette capacité à faire abstraction de ce genre de chausse-trappes et avait enchaîné ses neuf titres. 2) qu’il va éviter l’idée incroyable de la power stage couperet qui transformait par miracle des secondes en dixièmes ! De quoi vous faire allez voir ailleurs ! Bref, que les prochains titres seront encore plus beaux !

On s’agite donc en coulisse, poussé par la seule envie – qui serait nécessité – de promouvoir la discipline qu’est le rallye et d’en augmenter la couverture médiatique. Conscient, mais surtout pas en l’avouant, que le niveau global de la discipline n’est pas le meilleur, choix est donc fait de niveler par le bas. En relançant les chances des équipes et des pilotes qui jouent plus souvent les places d’honneur que les victoires, le WRC se targue de vouloir rééquilibrer les choses en, justement, refusant de pénaliser toujours les mêmes, les faire-valoir. Soit. Mais pourquoi vouloir le faire en demandant aux meilleurs de courir avec une main dans le dos? Est-ce la faute d’Ogier et Latvala s’ils sont dans la même équipe, au volant de la Polo, au sein de l’équipe Volkswagen qui a hérité du statut d’épouvantail jusque là tenu par Citroën? Bien sûr que non. Ne refaisons pas l’histoire mais imaginez le Français dans une équipe de pointe et le Finlandais dans une autre et vous comprendrez qu’il ne serait pas nécessaire de changer les règles. Tout se jouerait sur la route.

Certains en arrivent à évoquer la nature même d’un calendrier du championnat du monde qui fait la part (trop) belle à la terre : huit épreuves sur treize, une inclassable (le Monte Carlo), une neige (Suède) et trois asphaltes. Equilibrer les surfaces, plus jouer, comme en Espagne et comme ce fut le cas dans le passé au San Remo, la carte du rallye mixe asphalte-terre, pourrait être un axe de réflexion.

Ce genre de problème ne concernera plus Mikko Hirvonen. Le Finlandais a décidé de ne plus être en championnat du monde. Malcolm Wilson, le patron de M-Sport, fait bien de lui rendre hommage. Car si sa structure est encore en lice pour la place de dauphin cette année, c’est bien parce que le Finlandais, pourtant auteur d’une saison chaotique et moyenne, est toujours capable, sauf souci technique, de voir la ligne d’arrivée.

 

 

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