Jean-Pierre Beltoise

L’un des 12 Français vainqueur de GP nous a quittés et il s’agit de l’un des plus célèbres champions de l’Hexagone : Jean-Pierre Beltoise. Un nom qui allait au-delà des circuits et qu’on avait l’habitude de voir lorsqu’une question sur la conduite en général se posait. Un nom synonyme de savoir, d’expérience et qui imposait le respect.

Pour ma génération, il faut bien avouer que Beltoise c’était déjà un « ancien temps ». Il avait été le troisième Tricolore à gagner un GP de F1, après Maurice Trintignant et François Cevert, mais on s’enthousiasmait déjà sur la génération exceptionnelle de la fin des années 70, avec les Laffite, Depailler, Pironi, Jabouille, en attendant les Prost, Tambay et Arnoux. Beltoise, on ne l’avait pas vu en action (si une fois, à Montlhéry, en Supertourisme !), mais on savait bien sûr qu’il venait de la moto, qu’il était passé comme John Surtees sur quatre roues, pour y être encore plus célèbre. Pas au point de devenir champion du monde, mais au point de marquer les esprits. On savait qu’il avait été le grand monsieur du sport auto français, un peu le « patron » comme le serait Prost plus tard, ou le « capitaine » naturel comme l’avait été Didier Deschamps en football – une autorité, sans doute une intelligence, et un regard dont on devinait le poids, l’intensité, la pertinence.

On savait que son parcours avait été intiment lié à Matra, et à toutes les légendes qui vont avec, cette glorieuse époque où le sport automobile français se parait de tous les mythes et de toutes les aventures. Pourtant, sa victoire au GP de Monaco 1972 (acquise sous la pluie, des conditions plus faciles pour lui et son bras abîmé depuis son terrible accident à Reims en 1963), il l’avait signée avec une BRM (et il n’avait d’ailleurs marqué que les neuf points de cette victoire cette année-là). C’est dire qu’il était une sorte de champion « transversal », et on avait l’impression qu’il avait tout fait, couru toutes les courses, piloté toutes les voitures, bravé toutes les pistes…

Au nom de Motors TV, nous adressons toutes nos condoléances et notre affection à sa femme (la sœur de François Cevert) et à ses deux fils Anthony et Julien, le premier continuant à se produire excellemment sur les circuits français. Qu’ils soient certains que nous n’oublierons jamais Jean-Pierre, tant nous aurons toujours l’impression qu’il veille en haut patronage sur notre sport préféré.

LF Bollée.

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  • CROULLEBOIS Michel a écrit:
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