Je n’en reviens pas…

Un chiffre qui, hélas, tombe un peu trop à pic : +19,2% de personnes décédées dans des accidents de route en juillet par rapport au même mois de 2014. Regrettable, mais tellement opportun quand la pression pour –encore- baisser la vitesse est de plus en plus forte sur le gouvernement. Mais quand, enfin, on va comprendre que ce chiffre encore une fois incompréhensible, prouve plus que jamais l’échec de la seule politique de répression ?

On aurait envie de s’écrier : +19,2%, mais comment s’est possible ?? Franchement… Pas de catastrophe climatique, des conducteurs qui, selon mon expérience de touriste en France, roulent plutôt sagement, bref, on aimerait avoir, sans être morbide, un peu plus d’explication que ces chiffres bruts qui, justement, n’expliquent rien. Il y a-t-il eu une forte augmentation du trafic, plus de monde sur notre réseau routier, que les Français ne sont pas les seuls à fréquenter durant l’été ? Doit-on cette augmentation à une recrudescence des accidents sur autoroutes ? Sur les routes ? Et qui en sont les victimes, automobilistes ou motards ?

Vœu pieu que de vouloir comprendre pour mieux réagir. Car le chiffre brut arrange tout le monde. Le gouvernement qui va pouvoir remettre un tour de vis à la répression face à ce qu’il continue de nommer « la violence routière ». Les associations et organismes anti voitures et anti vitesses qui prônent sinon exigent des pouvoir publics (vous exigez aux ministres, vous ?) une plus grande sévérité encore…

La question est : jusqu’où va-t-on aller si l’on considère qu’on est déjà allé loin… également pour des raisons de bruit ou de pollution? Avez-vous remarqué que, plus les voitures progressent en sécurité, plus les vitesses diminuent sur des pans entiers de notre réseau routier. Ils sont nombreux les endroits où l’on est passé de 130 à 110, de 110 à 90, de 90 à 70 et enfin de 50 à 30. Et malgré tout cela, près de 20% d’augmentation ? Tiens, on pourrait presqu’en conclure que les facteurs de risque sont ailleurs que dans la simple vitesse. Dans l’assoupissement. Dans le manque de concentration – merci le téléphone portable. Dans la consommation de drogues ou d’alcool, deux facteurs plus qu’aggravants car parfois entraînant une survitesse. Dans l’état de certaines routes aussi.

Le Premier Ministre va réunir un comité interministériel. On peut craindre qu’il n’en sortira qu’une plus forte répression encore, vouée à l’échec, alors qu’on rêverait, un brin naïf et utopique, qu’on y parle éducation et prévention. Car il faut bien être conscient que le jour où les politiques ont oublié le terme de Sécurité Routière, mission qui lui incombe, par celui d’insécurité routière qui nous rend responsable de tous les maux, il a failli à sa tâche. Et il serait grand temps de faire machine arrière pour, enfin, aller de l’avant.

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