fév
26
L’affaire Peugeot-Pescarolo
Alors là, pour une surprise, c’est une surprise ! On savait déjà qu’il y aurait bien trois Peugeot 908 au Mans, mais on ne se doutait pas qu’il y en aurait en fait quatre, dont une engagée par Pescarolo Sport ! Il nous semblait en effet que l’histoire récente entre Henri Pescarolo et Peugeot Sport avait été quelque peu aigre-douce…
En fait, dans l’entretien qu’il nous a accordé sitôt la nouvelle connue, Henri Pescarolo rappelle qu’il ne fustigeait pas Peugeot ou les diesels qui trustent les victoires en endurance, mais bien l’équivalence entre diesel et essence, réglementée par l’ACO. Il a raison de le rappeler parce qu’avec les années, son discours s’était un peu perdu dans l’affrontement au sommet Audi-Peugeot à propos duquel on n’imaginait pas qu’il puisse venir s’incruster. Du coup, ses coups de gueule pouvaient ressembler à ceux d’un mauvais joueur – ce qu’il est peut-être, comme tout compétiteur qui se respecte.
On y voit aujourd’hui plus clair : l’ACO a accepté de revoir ses équivalences et Peugeot a choisi Pescarolo Sport comme « équipe officielle bis ». Tout est donc bien qui finit bien, même si, on le répète, on ne s’y attendait pas. D’une part il nous semblait que trois Peugeot au départ était un nombre nécessaire et suffisant. D’autre part parce que si Pesca est maintenant un allié, il était, il y a encore peu, un concurrent.
Tout est venu de la décision d’Audi de mettre sur pied un double programme, avec la nouvelle R15 d’un côté, et deux anciennes R10 de l’autre, via la structure de Colin Kolles. Là aussi, ce fut une relative surprise car on se doutait bien qu’on se dirigeait vers 5 Audi au Mans ! Ce chiffre a d’ailleurs été confirmé, et jamais nous n’avons eu d’ailleurs autant d’Audi au départ des 24 Heures. Du coup, en face de cette armada, Peugeot a peut-être pris peur et a cherché un moyen d’être plus présent dans la Sarthe. Cela ne pouvait passer que par l’engagement avec un autre team et c’est donc celui d’Henri Pescarolo, en vertu de liens jadis forts mais que l’on croyait tout de même un peu éteints, qui a été choisi.
C’est évidemment une formidable reconnaissance pour l’équipe du pilote barbu le plus célèbre de France. C’est aussi la promesse de retrouver un équipage qui bénéficiera d’une formidable cote d’amour auprès du public dans quatre mois. Avec quels pilotes d’ailleurs ? Boullion-Collard-Dumas ? Et quel rôle leur assigner ? Peut-être pas d’aller devancer les petits camarades d’en face, mais d’être devant les R10, ça oui…
En tout cas, 5 Audi face à 4 Peugeot : va y avoir du sport !